CPS et travail collaboratif à la maison


Lors d’un récent accompagnement d’une équipe, ainsi que lors d’une réflexion en interne sur la négociation, j’ai utilisé les travaux de Thomas et Kilmann sur la gestion de conflits ainsi que le questionnaire qu’ils ont développé pour se positionner sur ses tactiques préférentielles.

Ils définissent 5 manières de gérer les conflits (ou de négocier), en fonction de l’importance accordée à la qualité de la relation avec la personne avec laquelle nous sommes en conflit, ainsi qu’en fonction de l’importance que l’on accorde à son propre objectif personnel par rapport à la situation (qui correspond parfois aussi à sa capacité à l’affirmer) :

  • l’évitement (maintien de la relation peut important et importance de l’atteinte de son propre objectif faible)
  • l’arrangement (maintien de la ration important au regard de l’objectif personnel faible)
  • la confrontation (objectif personnel important et affirmé, tandis que le maintien de la relation est moins important)
  • le compromis… au centre !
  • la collaboration (tactique qui tend à maintenir une relation de qualité tout en permettant à chacun d’atteindre ses objectifs personnels)

Personnellement, j’ai une tendance naturelle à préférer l’évitement ou l’arrangement, au mieux le compromis. Dans mon travail, j’utilise au quotidien les outils de travail collaboratif, donc le Creative Problem Solving. En effet, le CPS est une des méthodes qui fonctionne bien pour être dans le mode Collaboration défini par Kilmann et Thomas.

Il s’est trouvé que dans le même temps où j’ai utilisé cet outils d’orientation sur les styles de gestion de conflit, je me suis retrouvée personnelle à vivre un conflit. Et je me suis rendu compte que malgré les échanges, la qualité  de l’écoute et le respect, nous étions plutôt à naviguer dans les eaux troubles du compromis. Or, j’ai réalisé que dans ce cas précis, ce n’était pas la meilleure des tactiques (chacune ayant ses avantages et ses inconvénients). En effet, je me trouvais typiquement dans un cas où le maintien d’une relation de très bonne qualité était extrêmement important, et où, dans la même temps, il était crucial pour chacun de voir ses objectifs personnels pris en compte complètement.

J’ai donc proposé que nous utilisions le CPS comme médiateur entre nous pour nous aider à réellement réfléchir en mode collaboratif.

Qu’avons-nous fait exactement ?

Nous nous sommes installés tous les deux tranquillement à une table avec une pile de feuilles et de stylos et quelques pots-its. Au calme. Avec un bon moment devant nous histoire de ne pas être stressés par le temps. Puis nous avons commencé par faire chacun une grande liste de nos souhaits, désirs, besoins (« j’ai envie de… », « je voudrais… », ‘j »ai besoin de… »). Nous avons mis nos deux listes en commun, puis nous avons chacun choisit trois souhaits parmi tous ceux écrits (par l’un ou l’autre). En rapprochant ce qui avait été sélectionné, nous avons pu dégager 3 besoins sur lesquels nous voulions réfléchir ensemble.

Un premier étonnement de ma part, a été de constater qu’un des besoins que j’avais et que je pensais être un besoin purement égoïste se trouvait être un besoin partagé (pour des raisons légèrement différentes, mais bien partagé !). Ce qui déjà peut être un très bon éclairage !!!

Ensuite, nous avons chacun pris un temps de parole de huit minutes, l’autre prenant en note ce qui se disait, sans poser une seule question (pour être réellement totalement dans l’écoute). Nous avons ainsi pu nous expliquer chacun sur ce besoin : pourquoi ? comment ? etc. A partir de là, nous avons sélectionner les éléments qui nous paraissaient importants à chacun, et nous avons fini cette phase de clarification en faisant une liste d’objectifs possibles, rédigés sous forme de « Comment faire pour… ? » en mêlant dans nos formulation des éléments du besoin formulé au départ et des informations que nous avions ajouté. Chacun a fini ensuite par sélectionner 2 formulation qui selon lui/elle était motivant.

Cela a donné : « Comment faire pour manger plus sain en y prenant du plaisir ? »

Ensuite, nous avons pris nos post-its et avons généré un maximum d’idées. Ces idées, nous les avons ensuite regroupées et avons dégagé de ces regroupements 4 pistes qui à la fois nous plaisaient particulièrement et nous semblaient réalisables à moyen terme. Par exemple, nous avons décidé de fabriquer un livre de recettes personnalisé de la famille avec les plats préférés de chacun, intégrant des notions d’équilibre alimentaire. Ou bien, nous nous sommes écrit une mini charte de bon comportement alimentaire (boire suffisamment d’eau par jour, diminuer le café, manger au moins un fruit frais dans la journée…). Et encore un projet de week-end de stage de cuisine en famille…

Alors, si vous aussi vous n’êtes pas sûr d’être réellement sur un mode collaboratif pour résoudre une tension au sein de votre couple ou de votre famille, et que vous pensez que le jeu en vaut la chandelle, n’hésitez pas à proposer d’utiliser le CPS (ou toute autre méthode de travail collaboratif) pour entrer dans ce mode. C’est libérateur, et les méthodes et techniques jouent comment une sorte de médiateur qui donne les règles que chacun a à suivre, tout simplement (nous avons simplement suivi les consignes dans le livre d’Olwen Wofle J’innove comme on respire, à partir de la page 135 !!!!…).